La Maison sur la rive

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Âgé dune trentaine d’années, Jon Dylan Häggström est conducteur de bus scolaire dans la région de Luleå. Enfant, le « minus » était considéré comme un simplet, mais sa sœur Ella-Kajsa veillait sur lui. Celle-ci, qui ne voulait pas reprendre l’exploitation agricole de ses parents, a disparu. Le lecteur n’en saura guère plus sur eux, sinon que la mère, assistée de Vincent, l’aîné de Dylan, fait peut faire preuve de monstruosité. Un jour, Dylan, qui entend une mystérieuse voix lui ordonner différentes actions malfaisantes, ne peut retenir une pulsion. Il doit à tout prix trouver du sang humain pour, croit-il, régénérer le sien. « J’ai l’impression que mon cœur disparaît. Je ne le sens plus dans ma poitrine. (...) Je manque de sang. » Il commet un meurtre et se retrouve avec un jeune enfant sur les bras. La Maison sur la rive est présenté comme un polar, en réalité il s’agit d’un roman d’horreur bien conçu, avec une fin déconcertante : « Non, je n’ai jamais eu l’impression qu’il était cruel ».

* William Älgebrink, La Maison sur la rive (Huset vid pärlälvens slut, 2024), trad. du suédois Anna Postel, HarperCollins (Noir), 2025

Dernier nouvel an

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Ebba et Marlon, chacun âgé de dix-sept ans, sont amoureux et envisagent de se marier. À l’occasion du nouvel an, un repas est organisé chez les parents de la jeune fille, Lisa et Mikael, avec les parents du jeune homme, Camilla et Sören. Mais voilà que, lorsque ces derniers arrivent, tous se rendent compte qu’ils se connaissent déjà. Et si ces amis d’hier ne se fréquentent plus depuis des années, c’est... pour une raison grave. Lisa n’a-t-elle pas menacé de déposer « plainte pour faute médicale » à l’encontre de Sören, médecin spécialiste des naissances assistées, les FIV ? Leur relation peut-elle repartir ? « C’est comme si elle retrouvait par réflexe leur amitié d’antan, cette bulle de confiance qu’elles avaient bâtie autour d’elle. Une confiance mensongère, elle le sait aujourd’hui. » Les deux couples ne pouvaient pas avoir d’enfant. Ils se sont rencontrés par le biais de Sören. Et, comme par hasard, grâce à une application de rencontre, leurs enfants font connaissance et pensent qu’ils sont fait l’un pour l’autre. Serait-ce si simple ? Un polar « pour les fans de Camilla Läckberg et de Johana Gustawsson » est-il indiqué en quatrième de couverture. L’intrigue est bien menée, la tension monte vite. Donné comme « la nouvelle voix du suspense domestique », Martin Österdahl (né en 1973 à Sollentuna), homme de télévision et superviseur exécutif du concours Eurovision de la chanson, livre avec Dernier nouvel an un roman vite prenant. (Pourquoi une traduction de l’anglais et pas du suédois ?) Ce « spécialiste de la Russie » excelle à montrer que derrière la « vérité » affichée peut s’en cacher une autre, moins avenante.

* Martin Österdahl, Dernier nouvel an (Parmiddagen, 2022), trad. de l’anglais Élodie Coello, Hauteville, 2024