Jeunesse

Nils et le terrible secret

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Française, Alice Kervinen vit en Finlande depuis ses études, à Oulu, avec Aimo, son mari, et Niko, leur fils. Mais à l’âge de deux ans, ce dernier disparaît dans l’incendie de leur maison. Aimo s’en va, puis décède d’un « cancer de chagrin ». Alice reste seule, à exercer son métier de garde-barrière et à sculpter en secret des statuettes représentant son fils aux différents âges qu’il aurait dû avoir. Un jour, elle rejoint Juhani, un ami fidèle, à Kautokeino, en Laponie norvégienne, où a lieu une fête same. Mais une tempête de neige l’empêche de poursuivre son voyage et c’est son chien qui la sauve en alertant les personnes qui habitent à proximité : Andreas et son fils Nils. « La Laponie ne pardonne pas la moindre erreur. C’est à toi de te plier à ses exigences. Et pour cela, il faut apprendre à la connaître, l’observer en silence, faire le dos rond quand c’est nécessaire, ne jamais lutter contre elle. Elle aura toujours le dernier mot. Sois humble devant elle. Tu as tout à y gagner. » Alice pressent que la Laponie recèle un secret, à elle destiné. Cet enfant, Nils, comme il lui rappelle son fils Niko. Et Nils sait que sa grand-mère qui vient de mourir a emporté un secret avec elle. Journaliste au magazine Astrapi, Claire Clément, qui a déjà publié divers titres pour la jeunesse, signe là un roman dont l’intrigue ingénieuse permet de découvrir les différentes facettes de la Laponie.

 

* Claire Clément, Nils et le terrible secret, Bayard (Jeunesse), 2017

 

 

Le Géant du pays des glaces

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Cette réédition en format poche d’un album pour la jeunesse paru en 2012, Le Géant du pays des glaces, signé Laurence Fugier pour le texte et Julia Chausson pour les illustrations, est l’occasion de redécouvrir un conte same qui nous montre que les plus grands ne sont pas toujours les plus forts. « Et encore aujourd’hui, les Samis racontent cette histoire en ignorant si le géant est mort de froid ou s’il court toujours sur la glace et dans la neige ». Un « carnet de Laponie » offrant divers renseignements sur cette région complète l’ouvrage. Signalons tout de même à l’auteure que Tanum, en Suède, où l’on peut effectivement observer des gravures rupestres, ne se situe pas en Laponie mais dans le Bohuslän, c’es-à-dire bien plus au sud. « Travailler moins pour lire plus », affirment par ailleurs les éditions Rue du monde – intelligente option que l’on ne peut qu’approuver.

 

* Laurence Fugier/Julia Chausson, Le Géant du pays des glaces, Rue du monde (Papagayo), 2016

 

Aslak et les gloutons

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Signé Florence Marguerie, Aslak et les gloutons est le sixième volume de la série Les Voyages de Victor. « Lasse de ne lire que des romans très noirs, je voudrais, outre le plaisir de l’histoire, donner aux lecteurs une ‘matière’ supplémentaire pour se transformer, être clairvoyant et libre », explique-t-elle (site littérature jeunesse Ricochet). Et noir, de fait, ce petit roman ne l’est pas, puisqu’il débute non sur les neiges de la Laponie mais sous les lumières d’un parc à thème et de ses galeries marchandes. Victor se rend en Finlande avec son père, scientifique au sein de l’OMS, et rencontre deux jeunes Sames, Aslak et Sinnuva, avec lesquels il sympathise vite. Une visite est organisé au village de Santa Claus, celui du Père Noël, « à huit kilomètres au nord-est de Rovaniemi (et) aussi féérique que Disneyland ». « Victor voudrait tout acheter ! » Heureusement, vient la découverte de la Laponie, avec ses gloutons, ses saunas et ses parties de pêche, ses aurores boréales, ses moustiques et ses joiks, et de la Finlande, si moderne, où les élèves n’écrivent plus que sur un clavier : Victor « n’en revient pas de tous ces paradoxes. Il est dans un pays où la nature est omniprésente et les technologies en font une des économies les plus avancées du monde ! » L’histoire, sans véritable intrigue, est gentillette, à la manière des ouvrages pour enfants d’autrefois, quand tous étaient amis. Les problèmes écologiques présents et à venir de cette région du monde sont évoqués. Aslak promet de se « battre (pour que son) peuple soit respecté ». Pour une toute première approche de la Laponie, pourquoi pas ?

 

* Florence Marguerie, Aslak et les gloutons (illustrations Camault), In octavo, 2016