Sami, une jeunesse en Laponie est ce que l’on appelle un beau film. De belles images, de bons jeux d’acteurs, une intrigue sans ambages, réaliste et attachante... De nos jours : Elle-Marja revient en Laponie, assister à l’enterrement de sa sœur. Ce n’est pas de gaieté de cœur et sa mémoire la plonge dans les années 1930, lorsqu’elle était une jeune fille d’une quinzaine d’années. Comment s’émanciper tout en restant fidèle aux siens ? Telle est l’une des questions de ce film de Amanda Kernell (suédoise d’origine saami, née en 1986). Ou encore, pourquoi leur rester fidèle, si l’on ne se sent plus à sa place en leur compagnie ? « Un chapitre secret de l’histoire de la Suède », indique la jaquette du DVD, rappelant ainsi que le pays a pratiqué une politique d’eugénisme jusqu’en 1975 et que les Sames, déconsidérés, ont longtemps été objets d’études anthropologiques aux limites du racialisme.
* Amanda Kernell, Sami, une jeunesse en Laponie (Same blod, 2017), Bodega Films