Voyages

Nomade du Grand Nord

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Parcours étonnant, que celui de Kim Hafez qui a suivi des études d’ingénieur avant d’être officier du génie dans la Légion étrangère, puis de se lancer dans des voyages à travers le monde. Dans Nomade du Grand Nord (récit publié initialement en 2006), il relate celui qu’il effectue avec son chien Unghalak dans un kayak biplace au nord de l’Europe, après une traversée du Canada. Départ : Paris ; arrivée : The Pas, au Canada, à l’ouest de la baie d’Hudson ; avec une traversée de la Suède, de la Finlande et de la Norvège. Victime d’un accident de ski, Kim Hafez a ensuite souffert d’une grave maladie durant son enfance et a choisi, à l’issue de ses études, de rejoindre la Légion étrangère. « Outre un sens profond de l’honneur, j’y découvris un esprit de corps très marqué. La camaraderie, la fraternité et les traditions soudaient l’ensemble de notre régiment. » Si la Légion mène au goût de la nature, de la nature sauvage, plutôt qu’aux beuveries parsemées de propos machistes et racistes, remballons vite nos réserves d’antimilitariste, nous qui aurions plutôt fait confiance à un René Dumont pour nous guider dans les étendues sauvages, nordiques ou autres. Toujours est-il que Kim Hafez a quitté la Légion pour prendre la route, qu’il s’implique dans son voyage et sait, contant mille anecdotes, nous entraîner avec lui. « J’ai commencé à randonner en milieu sauvage à l’âge de 18 ans. J’étais émerveillé d’apprendre qu’avec une carte topographique et une boussole on pouvait explorer tous les recoins de la Terre, des plus beaux aux plus lointains. (…) Quant au Nord, j’y vins instinctivement, comme aimanté par un champ invisible, et j’y trouvai une autre manière de vivre. »

 

* Kim Hafez, Nomade du Grand Nord, Transboréal, 2016

Baltique, à pied d’île en île

Format à l’italienne avec la tranche non pas à gauche mais au-dessus, pour ce livre de Nicolat Jolivot, Baltique, à pied d’île en île. De très belles illustrations et un court texte descriptif. Nicolas Jolivot, qui n’en est pas à son premier voyage à pied (il a signé plusieurs ouvrages emmenant le lecteur en Asie), observe tout comme si l’étrangeté de la situation était inédite. Les petits vieux derrière leur déambulateur, sur une plage du nord de l’Allemagne, par exemple, ou les prunes que des Danois lui laissent récolter dans leur jardin. Ses illustrations, de Lübeck à l’île d’Öland, montrent tant des objets de la vie quotidienne (un filet de pêche, un tube de Kalles Kaviar, un ticket de ferry), que des maisons ou des paysages. « Post-scriptum : Des centaines de millions de tonnes d’armes chimiques et conventionnelles produites durant les deux dernières guerres mondiales ont été répandues au fond de la mer Baltique, particulièrement autour de l’île de Bornholm. (…) Dans ces conditions, comment trouver la sérénité en foulant les plages, comment s’émerveiller d’une rencontre ou devant ce qu’on appelle injustement des ‘petits riens’ ? » Sans évacuer de tels tourments, hélas justifiés, Nicolas Jolivot entraîne dans ce livre le lecteur dans un voyage inattendu et propice à la réflexion. Voyage cependant bien trop bref, puisque se terminant, en Suède, sur l’île d’Öland. Un bel ouvrage.

 

* Nicolas Jolivot, Baltique, à pied d’île en île, HongFei, 2019