Ari, seize ou dix-sept ans, vit à Reykjavík avec sa mère, quand celle-ci décide de l’envoyer retrouver son père, dans une petite localité de pêcheurs au nord ouest de l’Islande. Ce n’est pas le retour du fils prodigue, pour le jeune choriste qui ne retrouve pas ses amis d’autrefois, quand il vivait ici ; son père a plus ou moins loupé sa vie (« tu as perdu ta femme, ta maison, ton bateau », lui lance son fils) ; sa grand-mère, qui veillait sur lui, meurt. Ari semble condamné à travailler à son tour dans la conserverie de poissons. Film initiatique du réalisateur Rúnar Rúnarsson (né en 1977), Sparrowsprend pour décor les paysages islandais, évidemment majestueux, mais c’est aussi le désarroi et la solitude du jeune homme en devenir qui apparaît ici. Ou sa passivité, d’un bout à l’autre (quand il se fait agresser par le petit ami de celle qui deviendra son premier amour ou quand il assiste au viol de celle-ci) ce qui ne peut que mettre le spectateur très mal à l’aise.
* Rúnar Rúnarsson, Sparrows(2015), Blaq out (2016)