« Il fallait qu’il établisse le meilleur profil criminel possible. Qu’il comprenne comment le meurtrier pensait, qu’il tente d’avoir un coup d’avance, de le déjouer. C’était là sa force. Dans ses meilleurs moments, il était indépassable. » Dans Le Fardeau du passé, le profileur et auteur de romans policiers Sebastian Bergman, ex-addict au sexe et « psychologue criminologue vaguement connu et controversé », surtout « pas flic » malgré les apparences, est directement visé par un mystérieux tueur qui semble très au courant de son passé. Le roman prend la suite du précédent, Ce qu’on a semé, avec la découverte, au sein de l’équipe policière de Vanja Lithner, la fille de Sebastian, que Billy, le meilleur des collègues, était en réalité un serial-killer. Personne ne s’en était rendu compte et Rosmarie Fredriksson, cheffe de l’unité, entend trouver un bouc émissaire pour se protéger. Torkel, qui a été gravement blessé lors de l’arrestation, pourrait faire l’affaire. Voire Sebastian. Aujourd’hui, à proximité de Västerås, le cadavre d’une femme est retrouvé dans une porcherie. Sur un mur, une inscription : « résous ça, Sebastian Bergman » Une évidence : « Quelqu’un le testait, voulait se mesurer à lui. » Il retrouve donc ses anciens collègues. « Son comportement égoïste avait coûté la vie à quatre personnes. Voilà le fardeau qu’il portait. » Sebastian est tel qu’il est, il compte des amis et des ennemis, sa perspicacité, tous le reconnaissent, est exceptionnelle. Et Vanja se réjouit de constater que « son équipe travaillait efficacement, avec un parfait mélange d’initiatives personnelles et d’obéissance aux ordres. La Criminelle 2.0, ou comment l’appeler ? » Avant de se désoler lorsque des querelles surgissent. Mais n’est-ce pas le lot de tout travail en commun ? Le Fardeau du passé est fidèle aux volumes précédents, aussi agréable à lire. Avec quelques piques à l’encontre des Démocrates de Suède, ce parti d’extrême droite « créé par des nazis », ou d’autres aussi sinistres individus. Sebastian finit très mal en point, après avoir obtenu de nouveaux renseignements sur la disparition de sa fille, Sabine, en Thaïlande lors du tsunami de 1999. Y aura-t-il un autre volume ? On peut se le demander. « Pendant tant d’années, il avait toujours pris les mauvaises décisions. Sans se préoccuper des conséquences qu’elles pouvaient avoir. Mais là, il sentait qu’il fallait faire le bon choix. »
* Michael Hjorth & Hans Rosenfeldt, Le Fardeau du passé (Skulden man bär, 2023), trad. du suédois Rémi Cassaigne, Actes sud (Actes noirs), 2025