Le roman avant le roman. Ou, plus exactement, le roman graphique, destiné aux enfants plutôt jeunes (dès 7 ans, selon l’éditeur) avant le roman de trois cents pages pour ceux qui savent bien lire tout seuls. Sally Jones, La Grande aventure entend raconter la rencontre de Sally Jones, gorille femelle, avec le Chef – Koskela, chef d’équipage. « Tout commença par une sombre nuit de tempête il y a une centaine d’années. Une petite gorille naquit au fin fond de la forêt tropicale africaine. Il n’y avait ni lune ni étoiles. L’aîné du groupe prédit alors que le nouveau-né serait frappé par de nombreux malheurs au cours de sa vie. » Et en effet, la gorille est capturée, vendue, offerte, apprivoisée, utilisée, emprisonnée, frappée, exposée, frappée encore, puis rachetée… par Koskela. Lequel n’hésitera pas à rompre son mariage pour ne pas avoir à se séparer de Sally Jones. Le sort de la gorille est triste et capricieux mais jamais définitif car elle est ingénieuse et parvient à affronter tous les périls. Souvent proches du regard photographique, les illustrations de l’auteur correspondent à ce que l’on attend du récit d’aventure, elles mettent en valeur chaque scène sans tout révéler, certaines évoquent les affiches de cinéma d’autrefois. L’intrigue file, de rebondissement en rebondissement, quelque part entre les romans de Jack London et ceux de Jules Verne. À lire ou faire lire, à recommander.
* Jakob Wegelius, Sally Jones, La Grande aventure (Legenden om Sally Jones, 2008), trad. Agneta Ségol & Marianne Ségol-Samoy, Thierry Magnier, 2016