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L’Étranger

L etranger

Dessinateur, peintre, graphiste, sculpteur et aussi auteur, voici quelques-uns des domaines dans lesquels le Suédois Kjell Ringi (1939-2010), a excellé aux États-Unis. Les éditions l’École des loisirs nous proposent aujourd’hui (pour une première publication outre-Atlantique en 1968 !) L’Étranger, un album qui, au vu de l’actualité, ne peut qu’interroger le lecteur, quel que soit son âge et notamment les plus petits. « Il était une fois un roi et son peuple qui vivaient en paix. Un jour arriva un étranger. » Celui-ci (sans rapport avec le roman de Camus) ne se manifeste pas, il n’affiche pas de prétention, ne lance pas de menace. Il n’en est donc que plus inquiétant : « Il répandit un sentiment de malaise dans le pays. » Le roi fait donner l’armée, en vain. Mais « l’étranger » se met à pleurer et à pleurer, jusqu’à ce que le royaume soit submergé par ses larmes. Et finalement, il arrive que d’un prétendu mal naisse un bien, comme nous le prouve avec intelligence ce bel album.

 

* Kjell Ringy, L’Étranger(The Stranger,1968), trad. de l’américain Camille guénot, L’École des loisirs (Kaléidoscope), 2018

Trois garçons

« Ce printemps-là, Bella, Momo et moi avions quatorze ans. On passait tout notre temps ensemble », raconte Kim, troisième fille du groupe, avec « un corps qui grandissait, qui commençait à se transformer et à bourgeonner ». Grâce au nectar d’une plante étrange cultivée par Bella, le trio se métamorphose, chacune devient un garçon et observe le monde avec des yeux neufs. Changer de sexe, ce n’est pas forcément la panacée, découvrent Momo et Bella, tandis que Kim, elle, se prend au jeu et tombe amoureuse-amoureux d’un garçon. Un mauvais garçon, plutôt. Ce résumé ne saurait rendre la poésie qui se dégage de chaque page de ce livre. Jessica Schiefauer (née en 1978) signe là son deuxième roman, récompensé en Suède par le prestigieux prix August. Roman initiatique, à l’évidence, et qui dépasse la seule question du rapport hommes-femmes (ou garçons-filles), roman de science-fiction, voire, notamment dans la dernière partie, nébuleuse quête identitaire : au-delà des clivages de genres, quelle est la place de chacun-chacune dans ce monde ? Un superbe texte.

 

* Jessica Schiefauer, Trois garçons (Pojkarna, 2011), trad. Marianne Ségol-Samoy, Thierry Magnier, 2019

Atlas pour aventuriers

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Amateurs, jeunes ou moins jeunes, de cartes du monde, plongez dans ce livre signé Sarah Sheppard (née en 1971), Atlas pour aventuriers. « On peut voyager partout quand on a les bonnes cartes », nous dit l’un des petits personnages bizarres qui parsèment ce bel album. « Tu trouveras sur les cartes de ce livre tout ce qu’il y a d’étrange, de fantastique et de passionnant sur terre », avertit quant à elle l’auteure. Pour commencer, l’or et les pierres précieuses. Place, ensuite, aux « endroits mystérieux », avec un inventaire des êtres censés y vivre, comme le monstre du Storsjön, en Suède, près de la ville d’Östersund. Puis une carte des lieux de piraterie, une autre des « explorateurs et aventuriers », une des « animaux dangereux » (« Il y a très peu d’animaux qui sont dangereux pour l’homme. En vérité, c’est surtout l’homme qui est dangereux pour les animaux ! »), une des océans, des fosses océaniques, des montagnes, des plaques tectoniques… Un livre pour apprendre et pour voyager sans bouger, à lire et à relire.

* Sarah Sheppard, Atlas pour aventuriers(Viktiga kartor, 2013), trad. Alain Gnaedig, L’École des loisirs, 2017

Requins

Pour tout savoir sur les requins, que l’on soit un enfant ou un adulte, ce livre de Sarah Sheppard, Requins. Requin-tigre, requin-bouledogue, requin-roussette, requin-mako, requin longimane, requin-nourrice, requin-carpette, requin bleu, requin-lézard, requin griset... Plus de cinq cents espèces de requins, divisées en huit ordres, peuplent les océans et mers du globe. Joliment illustré par l’auteure, ce livre en présente plusieurs et nous relate nombre d’anecdotes à leur sujet, comme le requin-marteau qui mange ses frères et sœurs. Sarah Sheppard avait déjà publié un remarquable Atlas des aventuriers. Ce volume consacré à ces féroces prédateurs atteste de son intérêt pour la nature, au sens large, et de la qualité de son dessin.

 

* Sarah Sheppard, Requins (Hajar, 2015), trad. Alain Gnaedig, L’École des loisirs, 2019

La Nuit lumineuse

« La nuit est faite à la fois d’obscurité profonde et de lumière », prévient Lena Sjöberg (née en 1970 ; on trouve d’elle un autre album traduit en français : Que caches-tu dans ton dos ?), avant de nous annoncer qu’elle va nous emmener « découvrir une forêt la nuit » et parcourir « une ville déserte » pour observer « tout ce qui y brille ! » La Nuit lumineuse est un album destiné aux jeunes enfants, mais dans lequel, vulgarisation scientifique aidant, les plus grands ou même les adultes prendront plaisir à se plonger. L’auteure nous explique un par un les principaux effets lumineux produits par la nature la nuit : ciel étoilé, aurores boréales, animaux luminescents comme les vers luisants (s’il en reste !)... Ou Vénus, les étoiles filantes, la Voie lactée... Ou encore les feux follets, la foudre, certains champignons... Et ce, dans les airs, sur terre ou sous l’eau... Émerveillement garanti à chaque page, avec une interrogation finale : « Jusqu’à quel point exactement devrions-nous mener des expériences sur la nature ? » Un très bel album, pour trouver la lumière au plus sombre de la nuit.

 

* Lena Sjöberg, La Nuit lumineuse (Natten lyser !, 2018), trad. et adapt. Laurana Serres-Giardi, Rue du monde, 2019

Blaise et Basile

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Plusieurs des livres de Ulf Stark (né en 1944), romancier, scénariste et auteur pour la jeunesse, sont depuis longtemps disponibles ici. Songeons à Tu sais siffler, Johanna ?(illustré par Anna Höglund), Laissez danser les ours blancsou Les Casse-pieds et les fêlés(on trouve également plusieurs de ses albums dans les magasins IKEA). Des livres pleins de sensibilité, d’intelligence, pour les enfants curieux. Blaise et Basileest un petit roman qui s’inscrit dans cette veine. « Blaise et Basile sont très proches depuis toujours. C’est Blaise le plus vieux. Au fond, leur âge, ils s’en moquent ; ils fêtent leurs anniversaires quand ils en ont envie. » Ce n’est pas le plus important. Ce qui les intéresse plus, c’est d’observer ce qui se passe autour d’eux. Et, pour en savoir plus, beaucoup plus, ils décident d’effectuer un long voyage et, à l’occasion, de retrouver leur papa, un aviateur qui peut-être « erre seul dans le désert brûlant ». Voilà un vrai projet. Blaise ne réfléchit pas beaucoup ; Basile, lui, a la tête sur les épaules. L’aventure les amène dans différents endroits, une forêt, la ville, un hôtel, un cirque, et tout les surprend et les incite à reconsidérer ce qu’ils croyaient savoir, mais aussi à regretter ce qu’ils ont laissé derrière eux : « …la maison, les cabinets et la remise à bois ». Heureusement, comme dans une autre histoire célèbre, les étoiles brillent et les guident, « un nouveau jour se lève » et lorsqu’ils poussent la porte de la maison du grand horloger, leur but est enfin atteint.

 

* Ulf Stark, Blaise et Basile(Märklin och Turbin, 2005), trad. Ludivine Verbeke, ill. Ariane Pinel, Bayard (Jeunesse), 2016

La Cavale

« Son cœur est trop gros et trop fragile. Il est trop malade, trop colérique, trop têtu et trop dingue. » Grand-père est sérieusement malade et le voilà cloîtré à l’hôpital. Gottfrid, son petit-fils, en éprouve beaucoup de peine. « ...Je trouve ça bien qu’il ne soit pas comme tout le monde », dit-il à son père, qui lui ne veut pas venir en aide au vieil homme, estimant que ses ennuis de santé sont de sa faute. Avec l’aide d’une jeune boulanger, son quasi-cousin, le petit-fils finit par monter un plan pour conduire son grand-père si bougon une dernière fois dans la maison où il a passé toute sa vie avec sa femme. Ulf Stark (1944-2017) a signé de nombreux ouvrages pour les enfants. Celui-ci, son dernier roman, illustré par Kitty Crowther (née en 1970 et lauréate en 2010 de l’ALMA, équivalent du Nobel de littérature en jeunesse) est un petit bijou. Pas d’explication simpliste, pas de morale gentillette. « Parfois, mentir, c’est la seule façon de dire toute la vérité. » Mais attention, parce que « le mensonge était sans fin... On inventait un truc malin. Mais (…) il fallait mentir à nouveau pour que le premier mensonge ne soit pas découvert. Et ça continuait jusqu’à ce que, finalement, il n’y ait plus qu’un monde rempli de mensonges. » Mieux vaut donc dire la vérité, quitte à tout chambouler autour de soi et finir par se convaincre que « le paradis existe, c’est prouvé ». Si cela peut faire plaisir à son grand-père – et un petit peu à soi-même, par la même occasion... ! La Cavale est un roman touchant sur la vieillesse, la mort, la filiation.

 

* Ulf Stark, La Cavale (Rymlingarna, 2018), trad. Alain Gnaedig ; illustrations Kitty Crowthers, L’École des loisirs (Pastel), 2019

L’Île des disparus

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Après la série policière prenant l’archipel de Stockholm pour cadre de maman Viveca, voici la série de maman et de sa fille Camilla. Les lieux restent les mêmes, inutile de trop changer une recette qui marche, mais les personnages et l’intrigue s’adaptent évidemment au nouveau public visé, à savoir les adolescents. Comme Tuva, bientôt treize ans, qui séjourne sur l’une des îles. Tout est bizarre depuis un moment. « Je voyais quelque chose bouger par la fenêtre. J’entendais des bruits à travers les murs de la maison. Ça venait de la mer. Entre le soupir des vagues et leur déferlement sourd. » Inquiétant, non ? Surtout que des habitants disparaissent, enfants et adultes, sans raison apparente. Et notamment Axel, un camarade de classe de Tuva et de son ami Rasmus. Des elfes l’auraient-ils enlevé ? « Les îles ne sont plus que des masses aux contours flous. Les arbres nus, comme dessinés à l’encre de Chine, forment des silhouettes presque invisibles s’étirant dans la nuit. Je frissonne et enfouis les mains dans mes manches, mais le froid ne me lâche pas. » Tuva est-elle vraiment la fille de ses parents ? Est-elle pourvue de branchies parce qu’elle est en réalité un « changelin » ? Les êtres qui vivaient naguère sur ces îles ou aux alentours sont-ils menacés par les activités humaines ? « La mer est devenue si sale, si polluée. Bientôt, aucun être vivant ne pourra y vivre. » Finalement, en dépit de nos réserves initiales, ce premier volume de L’Île des disparusLa Fille de l’eau, parvient à entraîner le lecteur dans un monde onirique (et pourtant bien ancré dans la réalité) bien moins nunuche que les romans de Viveca Sten dont l’action se déploie sur l’île de Sandhamn. Des conseils sont mêmes donnés en fin de volume pour préserver la mer Baltique, « une des mers les plus polluées au monde ».

 

* Camilla & Viveca Sten, L’Île des disparus/1 - La Fille de l’eau(Djupgraven, 2016), trad. Marina Heide, Michel Lafon, 2018

La Petite encyclopédie illustrée des animaux les plus étonnants

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Les amoureux du monde animal et de la nature se réjouiront de la publication de cet album joliment illustré, La Petite encyclopédie illustrée des animaux les plus étonnants, signé Maja Säfström (née en 1987). « J’espère que ce livre vous fera faire de curieuses découvertes et ouvrira plus grands encore vos yeux sur la beauté fascinante du monde animal », écrit l’auteure en préambule. Nombre d’animaux sont présentés sur deux pages, avec, à chaque fois, leurs caractéristiques les plus surprenantes. On apprend ainsi que les chouettes et les hiboux « ont trois paupières : une pour cligner des yeux, une pour dormir et une… pour nettoyer l’œil » ; qu’« une fois devenus adultes, certains papillons ne mangent plus rien… parce qu’ils n’ont pas de bouche. Ils doivent vivre uniquement grâce à l’énergie emmagasinée lorsqu’ils étaient encore des chenilles » ; ou que « les corbeaux peuvent imiter des sons aussi bien que les perroquets »… Un très beau petit livre pour tout savoir sur nos frères et sœurs à plumes, à poils et à écailles… !

* Maja Säfström, La Petite encyclopédie illustrée des animaux les plus étonnants(The illustrated compendium of amazing animal facts, 2016), trad. et adapt. de l’ang. Laurana Serres-Giardi, Rue du monde, 2017

La Petite encyclopédie illustrée des animaux qui vivaient autrefois

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Aux éditions Rue du monde, dont les ouvrages sont plutôt destinés aux jeunes lecteurs, Maja Säfström a publié en 2017 La Petite encyclopédie illustrée des animaux les plus étonnants. Très intéressant. Elle récidive aujourd’hui avec La Petite encyclopédie illustrée des animaux qui vivaient autrefois sur la Terre, ouvrage dans lequel elle recense une cinquantaine d’animaux vraiment étranges qui peuplaient naguère (de moins cinq cents millions d’années à aujourd’hui, ou quasiment) notre belle Terre. Les noms de ces charmantes bébêtes constituent déjà en eux-mêmes un poème : dickinsonia costata, hallucigenia, haikouichthys, opabinia, cameroceras, pteraspis, quetzalcoatlus, oiseau-terreur, etc. Le dunkleosteus terrelli, par exemple, « était un prédateur marin long de 10 mètres, la taille d’un bus. Doté d’une cuirasse épaisse, il ouvrait ses mâchoires extrêmement rapidement, en 1/50ede seconde, pour capturer ses proies : il générait ainsi une puissante succion qui les attirait dans sa bouche. Il avait des plaques osseuses à la place des dents. Son pouvoir de morsure était de loin le plus puissant de tous les poissons. Il mordait aussi fort qu’un tyrannosaure ! » Sympathique, n’est-ce pas ? Et Maja Säfström, architecte par ailleurs, de nous présenter tour à tour des animaux bizarres ou féroces, que nous aurions du mal à imaginer, indiquant le lieu où ils vivaient lorsque les continents étaient encore reliés les uns aux autres. Un prochain volume sera, semble-t-il, consacré aux dinosaures. Ses représentations en noir et blanc sont réalistes et donnent envie d’en savoir plus sur ces êtres vivants qui nous ont précédés sur la planète. « C’est en connaissant tout de cette vie passée que l’on saura mieux protéger l’avenir fragile de la vie sur Terre », rappelle la quatrième de couverture. S’il n’est pas déjà bien tard... !


 

* Maja Säfström, La Petite encyclopédie illustrée des animaux qui vivaient autrefois sur la Terre(Animals of a bygone era an illustrated compendium, 2017), trad. de l’ang. et adap. Laurana Serres-Giardi, Rue du monde, 2018

 

La Petite encyclopédie illustrée des bébés animaux

Après La Petite encyclopédie illustrée des animaux les plus étonnants et La Petite encyclopédie illustrée des animaux qui vivaient autrefois sur la Terre, Maja Säfström offre aujourd’hui aux lecteurs La Petite encyclopédie des bébés animaux. Le principe est toujours le même : établir un lien entre un animal et un concept – sa bizarrerie aux yeux des humains ou sa place dans la chronologie de la planète. Ou, aujourd’hui, son rapport avec ses parents – au travers d’illustrations en noir et blanc sur deux pages, petit format. Cela, avec un humour constant apporté par de petites considérations en légendes. Ainsi pour le dauphin : « Chaque dauphin émet un sifflement qui lui est propre. Il lui sert en quelque sorte de prénom ! » Pour le chameau : « Le bébé chameau naît sans aucune bosse. » Pour le koala : « Avant de pouvoir commencer à manger des feuilles d’eucalyptus, le bébé koala doit commencer par manger les crottes de sa mère. » Ceux qui connaissent la revue La Hulotte consacrée au monde animal retrouveront dans les ouvrages de Maja Säfström un peu de ce savoir didactique mâtiné d’un humour pince-sans-rire. À conseiller aux petits comme aux plus grands.

 

* Maja Säfström, La Petite encyclopédie illustrée des bébés animaux (Amazing facts about baby animals : an illustrated compendium, 2019), trad. et adapt. Laurana Serres-Giardi, Rue du monde, 2019

 

Une Île trop loin

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Heureuse idée qu’ont eue les éditions Thierry Magnier de rééditer en un seul volume les quatre titres (Une Île trop loinL’Étang aux nénupharsLes Profondeurs de la meret Vers le large) que Annika Thor (née en 1950) avait consacrés à deux jeunes filles autrichiennes, Steffi et Nelli. Contraintes de fuir les persécutions nazies, elles se retrouvent en Suède, non loin de Göteborg, sans leurs parents. Séparées, elles sont accueillies chacune dans une famille qui s’efforcera, parfois au prix de grosses difficultés et même d’incompréhensions, à faire oublier les horreurs vécues. Deux ans plus tôt, Steffi, Nelli et leurs parents « formaient encore une famille ordinaire. Une famille qui faisait des excursions, prenait le tramway, allait au cinéma et aux concerts, partait en vacances. Depuis, les nazis ont pris le pouvoir en Autriche et ont fait de leur pays une partie de l’Allemagne. Ce qui avait été leurs droits les plus élémentaires leur est aujourd’hui interdit. À des gens comme eux. Aux Juifs. » Neutre durant la Seconde Guerre mondiale, la Suède, on le sait, offrira un havre pour beaucoup d’enfants juifs et c’est avec sensibilité que Annika Thor conte ce qui est beaucoup plus qu’une petite histoire dans la grande.

Même thème, même période, mais plus à destination des adultes : Si ce n’est pas maintenant, alors quand ?Dans ce roman, Annika Thor évoque ici la société suédoise entre les années 1938 et 1943. Des intérêts multiples s’affrontent. Pro et anti nazis tentent d’influer sur le cours de la politique du pays. Le Bureau de l’immigration est au centre de bien des attentes de ce livre et ses personnages ne peuvent, eux, demeurer neutres.

 

* Annika Thor, Une Île trop loin(En ö i havetNäckrosdammenHavets djupÖppet hav, 1996-1999, trad. Agneta Ségol, Thierry Magnier, 2012

* Annika Thor, Si ce n’est pas maintenant, alors quand ?(Om inte nu så när, 2011), trad. Agneta Ségol et Marianne Ségol-Samoy, Thierry Magnier, 2012