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Voyage à chat

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Au Nord les étoiles : nom original pour une nouvelle maison d’édition associative, qui entend publier des auteurs scandinaves méconnus ou inconnus ici. Le premier titre est un classique suédois (posthume), Voyage à chat, du peintre et écrivain Ivar Arosenius, (1878-1909) initialement publié en Suède en 1909. Destiné aux tout petits, cet ouvrage joliment illustré par l’auteur met en scène une fillette qui, au cours de sa promenade grimpée sur le dos d’un chat, rencontre divers protagonistes : une vache, un policier, un crocodile ou « un beau cheval qui portait sa tenue de bal » et même un roi. Écrit sous forme de comptine, ce Voyage à chatest surréaliste avant l’heure, non pas tant au niveau des illustrations, classiques et sobres, que du fil de l’histoire, passant d’une idée à une autre en toute liberté, comme au gré de l’imagination de Ivar Arosenius. La maison d’édition Au Nord les étoiles projette de publier prochainement Elsa Beskow (dont, il y a peu encore, on trouvait en France quelques albums) et Hjalmar Bergman (que les éditions de l’Élan ont sorti de l’oubli). « Créée (…) par deux traductrices franco-suédoises, elle est née d’une passion commune pour la traduction et la littérature de jeunesse, et du constat que de nombreux textes scandinaves, notamment classiques, restent encore inédits en français. La priorité sera donc donnée aux œuvres classiques, sans oublier pour autant les textes plus contemporains. Les publications relèveront de genres différents – recueils de textes illustrés (récits, contes, nouvelles), albums, romans et poésie. » Pour soutenir ce beau projet, le mieux est évidemment d’adhérer à l’association (plus d’info : Au Nord les étoiles, 13 bis, avenue de la Motte-Picquet, 75007 Paris, ou www.aunordlesetoiles.comet contact@aunordlesetoiles.com).

 

* Ivar Arosenius, Voyage à chat(Kattresan, 1909), trad. Marie-Hélène Archambeaud, Au Nord les étoiles, 2016

Cache-cache coccinelle & Cache-cache lion

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En soulevant les volets en feutrine de ces deux petits albums, Cache-cache coccinelleet Cache-cache lion, le jeune lecteur trouvera l’animal recherché au pied d’un arbre ou parmi les fleurs. À la fin, dans un petit miroir, c’est son propre visage qu’il découvre. Illustratrice et designer, s’inspirant d’une certaine naïveté graphique en vogue dans les années 1950 et 60, Ingela Peterson Arrhenius est aujourd’hui bien connue en France, où plusieurs de ses albums avec des animaux ou des personnages stylisés ont été publiés. Ces deux-là confirment son talent. Dommage que la tranche de chacun de ces deux livres comporte une belle faute d’orthographe  !

Ingela P. Arrhenius, Cache-cache coccinelle(Where’s Mrs Ladybird  ?, 2017) & Cache-cache lion(Where’s Mr Lion  ?, 2017), Gründ, 2018

Cache-cache hibou

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Si l’on doit craquer pour un livre de la série Cache-cachede Ingela P. Arrhenius, ce peut être celui-ci, Cache-cache hibou, tant les illustrations et les couleurs s’harmonisent et donnent envie d’aller se promener dans la forêt, à la recherche des animaux qui apparaissent au fil des pages : biche, renard, hérisson, hibou... Sûr que les tout petits apprécieront.

 

* Ingela Peterson Arrhenius, Cache-cache hibou(Where’s Mr Owl ?, 2017), Gründ, 2018

Dans la mer ! & En avant !

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Les amateurs de livres dits pop upapprécieront ces deux petits volumes signés Ingela Peterson Arrhenius, Dans la mer !et En avant ! Bien que destinés à de très jeunes enfants, ils sont aussi un régal pour les yeux des adultes. Un bateau de pêche, une pieuvre ou un hippocampe se déploient dans l’un ; un tracteur, un glacier ambulant ou un train dans l’autre. Joli.

 

* Ingela Peterson Arrhenius, Dans la mer !(Pop up ocean, 2018) & En avant !(Pop up things that go !, 2018), Hélium/Actes sud, 2018

Plupp fait un grand voyage(

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Les éditions L’Étagère du bas continuent la publication en français des albums de Inga Borg et nous ne pouvons que nous en réjouir. Plupp, son personnage récurrent, est en effet un héros détonnant et sympathique, que les enfants apprécieront. « Loin, là-haut dans le Grand Nord, quelque part dans les hautes montagnes, vit un petit personnage du nom de Plupp. C’est là qu’il a construit sa maison, une petite hutte posée au bord d’un lac. » Dans ce volume, Plupp fait un grand voyage, des loutres dérobent le radeau de Plupp. Quand il le récupère, les rondins se détachent un par un, au beau milieu d’une rivière. Puis ses chaussettes servent à réchauffer les œufs d’une maman grue… Au fil du récit, le lecteur découvre la migration des grues et la reproduction des hermines Que d’aventures, en Laponie !

 

* Inga Borg, Plupp fait un grand voyage(Plupp gör en långfärd, 1957), trad. Fredrik Monteil, L’Étagère du bas, 2017

Plupp construit sa maison

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Plusieurs fois primée pour son travail graphique, Inga Borg (née en 1925) est depuis longtemps très connue en Suède mais en France, on ne trouvait rien d’elle, si ce n’est deux petits albums parus il y a déjà quelques années, Parral le renne(Flammarion, 1975) et Une Vie de chien à Paris(Grasset, 1992), qui ne nous apprenaient pas grand-chose sur elle ni sur l’importance de son œuvre. L’Étagère du bas, maison d’édition nouvellement créée, entreprend la publication en français de différents titres de cette auteure-illustratrice qui a signé une cinquantaine d’albums. Plupp construit sa maisonse passe au nord de la Suède, comme tous les albums qui mettent en scène ce drôle de petit personnage aux longs cheveux bleus dont la personnalité manque peut-être d’une pincée d’espièglerie – ce qui le démarque d’autres héros pour la jeunesse de la littérature suédoise (pensons, bien sûr, à Pippi Långstrump/Fifi Brindacier ou à Emil de Astrid Lindgren ou à Findus/Picpus de Sven Nordqvist). Le décor est bien sûr, ici, un élément important et les illustrations rendent très bien la beauté de cette région boréale, la Laponie, avec ses lacs, ses montagnes rondes et ses forêts de bouleaux nains. Plupp ne manque pas d’ingéniosité, chacun des problèmes qui se posent à lui est résolu en un rien de temps. Pas tout à fait un tomte, pas tout à fait un petit enfant non plus, il n’a guère besoin des adultes et de leurs règles si pesantes pour s’en sortir. Parmi d’autres, un album plus récent comme Kommer till stan(paru en Suède en 1977), qui se déroule en partie dans un milieu urbain, le prouve. Plupp et les animaux (rennes, hermines, castors, blaireaux, chouettes des neiges, etc.) s’entraident et le succès les récompense. En dépit de la couleur de ses cheveux et de l’écharpe orange qu’il porte (quand il ne l’utilise pas comme voile pour son radeau), mais grâce à sa petite taille, Plupp se fond à merveille dans ce décor, au point que le lecteur ne le distingue pas toujours au premier coup d’œil. Il fait partie de la nature, au même titre que les animaux, les arbres, les rochers ou les cours d’eau parmi lesquels il vit, et en tire des leçons de solidarité : « personne ne dévore personne quand je suis là ». Il s’agit d’une œuvre non seulement humaniste mais aussi profondément écologiste (comme l’était, à son époque et en cela précurseur, Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson, de Selma Lagerlöf). Souhaitons à cet album, dont la narration va plutôt à l’encontre des livres pour la jeunesse publiés en France aujourd’hui, de rencontrer le succès qu’il mérite et bravo à cette maison d’édition originale, L’Étagère du bas, de permettre aux jeunes et aux moins jeunes lecteurs cette rencontre.

 

* Inga Borg, Plupp construit sa maison(Plupp bygger bo, 1956), trad. Fredrik Monteil, L’Étagère du bas, 2016