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Le Caire confidentiel

Le tournage du film Le Caire confidentiel, du cinéaste Tarik Saleh (né en 1972 et auteur, par ailleurs, d’un graffiti, en banlieue de Stockholm, inscrit au patrimoine culturel), aurait dû avoir lieu en Égypte, mais il s’est finalement déroulé au Maroc. Il est vrai que l’image qu’il donne de la société égyptienne (en janvier 2011, donc juste avant les révolutions dites de jasmin) est plutôt désastreuse. La corruption gangrène le pays et ce, à tous les niveaux, notamment au sein de la police qui ne voit, dans chaque affaire, que l’argent ou les avantages divers qu’il est possible pour elle de gagner. Aussi, lorsque le corps d’une jeune chanteuse est découvert dans la chambre d’un hôtel de luxe du Caire où séjournait un représentant de l’Assemblée nationale, l’inspecteur Noureddine (l’excellent Fares Fares) reçoit vite la consigne de classer l’affaire. En toile de fond, les manifestations quotidiennes pour réclamer plus de liberté et leur violente répression. L’idée de départ de ce film est un meurtre à Dubaï, commandité par un homme politique égyptien proche de l’ancien président Hosni Moubarak. L’enquête est entravée dès le début et seule la persévérance du policier, opposé à toute sa hiérarchie, lui permet d’avancer. Un film réussi, tant pour les questions qu’il soulève que pour son esthétique.

 

 

* Tarik Saleh, Le Caire confidentiel (The Nile Hilton incident), 2017

Granny’s dancing on the table

Alors que beaucoup de films se parodient les uns, les autres, celui-ci, Granny’s dancing on the table, est profondément original. Déjà, parce que les scènes de flashbacks sont tournées en animation, ce qui soulage quelque peu la violence latente des scènes comportant de vrais acteurs – deux acteurs : le père et sa fille. Ils vivent dans une maison isolée, en pleine forêt suédoise. Lui, on ne sait pas trop ce qu’il fait de ses journées, sinon qu’il lit beaucoup et réfléchit. Et qu’il voit le monde extérieur comme une véritable menace. Elle, Eini, est adolescente. Elle ne rencontre personne, parle à peine et supporte comme elle le peut cette solitude imposée. Dans l’entretien en bonus à la version DVD de ce film sorti grâce à un financement participatif, Hanna Sköld (née en 1977) affirme avoir voulu faire un long-métrage sur la violence : quand des coups sont donnés, comme ici en famille et de façon presque héréditaire, ou quand le silence semble être la seule réponse possible. Un très beau film, esthétiquement et sur le fond, intelligent et dérangeant.

* Hanna Sköld, Granny’s dancing on the table, 2015 (Tamasa)

The Last contract

Tiré d’un roman éponyme dont le nom de l’auteur, John W. Grow, est en fait un pseudonyme (qui se cache derrière ? pressentis, Jan Guillou et Leif G. W. Persson ont démenti), ce film, The Last contract, retrace le parcours d’un tueur à gages qui finit par assassiner le Premier ministre suédois Olof Palme. L’hypothèse exposée ici, une commande des services secrets américains, est plausible. Partisan d’une politique de neutralité, Palme gênait beaucoup de monde et, en Suède même, possédait d’irréductibles ennemis. Le cinéaste Kjell Sundvall (né en 1953 et auteur de nombreux films et de séries télé, dont l’une consacrée au personnage de Martin Beck du couple Sjöwall-Wahlöö) livre un film rapide dont les différentes actions s’imbriquent au fur et à mesure. La thèse qu’il présente ici est plausible. Nous aurions aimé en savoir plus – ce qui aurait signifié sortir de l’intrigue de ce film d’action, ce qui n’était apparemment plus dans les intentions de Kjell Sundvall.

 

* Kjell Sundvall, The Last contract(Sista kontraktet), 1998

Hunters/Les Chasseurs

Kjell Sundvall n’est peut-être pas le cinéaste suédois le plus inspiré. Pourtant, ce film, Hunters, ne laissera pas le spectateur indifférent. Il vaut notamment par les paysages de Laponie saisis à différents moments, et par cette charge contre les chasseurs de rennes, des braconniers en l’occurrence, bêtes et violents. La figure du policier, longtemps seul contre tous, est bien interprétée. Hunters est plutôt un bon film.

 

* Kjell Sundvall, Hunters/Les Chasseurs(1998)

Qui a fait un bébé à ma femme/Happy Christmas

Rien n’est jamais définitif, pas même le fait d’être con et raciste. Voilà ce que nous apprend ce film de Kjell Sundvall, Qui a fait un bébé à ma femme ? (titré par ailleurs Happy Christmas). Une comédie grinçante, à la Festen, un peu lourde d’un bout à l’autre et qui n’arrache des sourires qu’avec peine.

 

* Kjell Sundvall, Qui a fait un bébé à ma femme/Happy Christmas (2001)