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De pain et de lait

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À la différence des Français, les Suédois, d’une part font leur repas plus tôt dans la journée, et d’autre part mangent un peu n’importe quand, quand l’envie les en prend. Leurs goûts ne sont pas équivalents : bien des adultes, par exemple, boivent du lait et se régalent de surströmming (hareng fermenté) – l’un et l’autre sont d’ailleurs censés aller très bien ensemble. « La nourriture, c’est l’amour. Les gens ne cessent de le dire, je l’entends de plus en plus souvent autour de moi, et je sais que c’est vrai. Pour moi, la réciproque n’était pas moins vraie : l’amour, c’était la nourriture. » Par le biais de la nourriture, celle consommée chaque jour dans le foyer de son enfance ou celle qu’elle concocte dans sa vie d’adulte, Karolina Ramqvist (née en 1976 à Göteborg, romancière, journaliste et essayiste) livre avec De pain et de lait un récit autobiographique original. De sa grand-mère maternelle, outre ses prises de position bien à gauche (« ...Lorsque nous passions par la place du marché et que le porte-parole du parti nationaliste local était en train de tenir un discours, elle approchait pour lui dire de se taire. ») qu’elle ne fait qu’évoquer, elle se souvient par exemple du riz au lait. Plus tard, mère d’une fillette, elle tient à lui faire découvrir cette gourmandise. « Chez mamie, le riz au lait était servi dans un plat en terre cuite ivoire à bords bruns qu’elle avait hérité de sa mère, non pas à son départ de la maison, mais plus tard, lorsqu’elle s’était mariée et avait fondé une famille, un foyer, après avoir travaillé si longtemps chez les autres. » Les souvenirs de l’auteure sont autant de recettes divulguées en quelques lignes. Elle ne s’embarrasse pas de circonvolutions pour parler de son appétit. « ...J’avais envie de manger tout ce que je trouvais bon. » À l’instar de sa mère, elle est plutôt végétarienne, ce qui évite l’exposition de barbaque sanguinolente sous les yeux du lecteur. Consacré à la nourriture, son livre n’en est pas pour autant une ode. « J’en suis venue à penser que tous les vrais gourmands avaient dû être des enfants délaissés... » S’il faut manger pour vivre, il ne s’agit pas de vivre pour manger, rappelle-t-elle entre les lignes, n’omettant pas de désigner les pathologies relatives à l’absorption exagérée d’aliments. Le monde d’aujourd’hui est, de ce point de vue, aux antipodes de celui de ses grands-parents. « Notre pays, désormais l’un des plus riches au monde, faisait alors partie des plus pauvres. Il ne s’agissait pas simplement de devoir manger la nourriture qu’on leur servait, quelle qu’elle soit, mais de tout le reste : la violence, la misère et les maladies, les corrections qu’ils recevaient à l’école, les virus qui avaient tué leurs parents et leurs frères et sœurs... » De pain et de lait est un ouvrage très fin, qui ne donne pas envie de s’empiffrer mais de prendre son temps pour savourer chaque journée qui passe – comme une bonne pâtisserie.

* Karolina Ramqvist, De pain et de lait (Bröd och mjölk, 2022), trad. du suédois Marina Heide, Buchet-Chastel, 2024

La Femme ourse

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« J’aimais lire sur le quotidien de ces gens », les plus pauvres d’autrefois, « sur leur manière de se comporter avec les autres et d’envisager le monde, la façon dont le pays et le peuple devaient être gouvernés », raconte la narratrice de La Femme ourse, une écrivaine mère de trois enfants – le double de l’auteure. Elle cherche ici à comprendre pourquoi une femme enceinte, nommée Marguerite de la Rocque, a été abandonnée sur une île de l’Atlantique nord en 1541, accompagnée d’une femme de chambre et du père présumé de l’enfant à venir. Lire le destin des grands de ce monde ne la satisfait pas, elle cherche à s’imprégner de la vie des individus sans titre, allant jusqu’à se déplacer, comme à Roberval, en grande banlieue parisienne, pour éprouver ce que, plusieurs siècles auparavant, ses protagonistes ont éprouvé. Jean-François de la Rocque de Roberval, qui se débarrassa de sa femme adultère en la déposant sur une île déserte, n’y séjournait-il pas ? Journaliste et auteure de romans, Karolina Ramqvist (née en 1976) offre là un texte attachant, oscillant entre deux époques, le XVIe et le XXIe siècles, puisqu’elle mêle sa propre vie à celle de son personnage. Et notamment sa propre maternité à celle, moins heureuse, de Marguerite de la Rocque, dont l’enfant meurt au bout de quelques mois d’une vie que l’on imagine extrêmement rude. Au travers d’une destinée oubliée de l’histoire de France, La Femme ourse interroge sur la place de la femme en Occident il y a cinq siècles. Si les choses se sont heureusement améliorées, l’ostracisme demeure, si facile à percevoir dans la vie de tous les jours. « Comment les femmes pourraient-elles (…) se sentir les égales des hommes si leur histoire était sans cesse déformée ? »

* Karolina Ramqvist, La Femme ourse (Björkvinnan, 2019), trad. Marina Heide, Buchet-Chastel, 2021

 

Les Grues volent vers le sud

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Bo est un vieux bonhomme de quatre-vingt neuf ans dont la femme, Fredrika, atteinte d’Alzheimer, a été placée dans une clinique. Il reste seul dans sa maison, quelque part dans le nord de la Suède à peu de distance d’Östersund, avec Sixten, un Jämthund utilisé de coutume pour la chasse à l’élan. Régentant dorénavant la vie de son père, Hans, âgé d’une bonne cinquantaine d’années, entend lui retirer son chien pour raison de sécurité : celle de Bo et celle de ses auxiliaires de vie, quatre, qui lui rendent visite quotidiennement. « Ce n’est pas toi qui reste assis ici avec toute une vie de souvenirs dans un corps qui s’éteint lentement », songe Bo, qui a travaillé pendant cinquante ans dans une scierie. Il est ami avec Ture, qui a été employé dans la même entreprise comme ingénieur et qui, collectionnant les « monstres du Storsjön », est aujourd’hui en longue maladie. Les Grues volent vers le sud peut évoquer le roman de Folke Fridell, Village fermé (1951) : que devient-on lorsque les années s’accumulent, que l’on est trop vieux pour travailler, que la société vous met plus ou moins fermement à l’écart, pressée de se débarrasser du poids mort que vous êtes devenu ? Ou à celui de Stig Claesson, Qui s’occupe encore d’Yngve Frej ? (1968). Ou bien encore et plus sûrement à La Mort moderne de Carl-Henning Wijmark. Née en 1988 en Suède, Lisa Ridzén a grandi dans le Jämtland avant d’étudier à Umeå et de devenir doctorante en sociologie. La quatrième de couverture de son roman apprend qu’elle « étudie les normes de la masculinité dans les communautés rurales du Norrland, région où elle vit ». Gros succès en Suède, Les Grues volent vers le sud a été traduit en plus de trente langues. La vieillesse en est le thème central, traité avec humour et sensibilité ; mais au-delà, le déclassement est interrogé. Si le salariat étaie souvent une vie, que devient-on lorsque celui-ci s’interrompt ? Un bon à rien, un assisté, comme le prétendent certains ? « Je n’avais pas été au chômage un seul jour de ma vie. » Bougon, un rien buté, bercé par ses souvenirs, Bo, qui n’a jamais vu la mer, suscite autant la sympathie que l’agacement des lecteurs. « Ça peut sembler ridicule, mais quand la faiblesse et les vertiges me submergent (...), j’espère parfois que mon heure est venue. » Son combat au quotidien est nécessaire, se dit-on, bien que vain, il se fait au nom du respect, de l’intégrité de l’individu. Hélas dépourvues de révolte, ses réflexions sont imprégnées par ce qui ressemble à du bon sens. Pourquoi travailler toujours plus, comme Hans, jusqu’à être en burn out ? « Je me demande à quel point il se sent libre maintenant. » Bo, lui, a bossé dur toute sa vie, sans, pourtant, jamais se sentir surmené. « Je croyais que tout le monde était d’accord pour dire que les gens devaient travailler moins (...). Qu’on voulait avoir des journées de travail plus courtes. Mais, à en croire Hans, on a l’impression que les gens préfèrent se tuer à la tâche volontairement par les temps qui courent. » Qu’est-ce qui ne va pas, de nos jours ? Bo fulmine quand il pense à l’attitude de son fils. « Les gens sont passifs et ne prennent pas leurs responsabilités dans ce pays (dit Hans), comme si la justice et le bien-être freinaient les gens. » Persistant à se dire social-démocrate alors qu’un vent libéral traverse la Suède, Bo ne saisit pas ce culte de la vitesse, de l’agitation, qui s’est emparé du pays et du reste du monde. « Tout doit aller si sacrément vite tout le temps. Pourquoi est-il si pressé ? Tout le monde est si sacrément pressé. » Courir ou périr ? « Je comprenais d’un coup le sens de la vie, je comprenais ce que je devais faire » se dit-il, se remémorant un repas avec ses parents : une mère bienveillante et un père autoritaire, qui n’accordait jamais un geste ou une parole de tendresse à son fils. Les souvenirs – seuls lui restent les souvenirs, pour le relier à ce présent qui l’évacue chaque jour un peu plus – le voient converser avec ses chers disparus. Il n’a jamais eu véritablement droit à la parole, mais aujourd’hui, avec ce fils apparemment si bien intentionné, il est sommé d’acquiescer, même lorsque Hans lui retire son chien. « Je ne veux pas. Mais ce que je veux (...) ne compte pas. Notre opinion ne compte plus depuis longtemps. » Douce ou féroce, l’oppression, tout au moins dans nos pays démocratiques, ne se fait-elle pas souvent au nom de notre bien-être ? « Il ne s’agit pas de ce que tu veux, mais de ce dont tu as besoin », lui rétorque une aide à domicile parée des meilleures intentions du monde. Ses amis morts les uns après les autres, son fidèle chien enlevé à sa garde, Bo n’a plus qu’à se taire. Plusieurs thèmes se confrontent donc dans ce roman, pas uniquement celui de la vieillesse. Mais un peu bizarrement, le droit à mourir dans la dignité, par suicide ou par voies médicales, n’est qu’à peine abordé ; il aurait pu être central. Les Grues volent vers le sud est un livre à lire, à faire circuler.

* Lisa Ridzén, Les Grues volent vers le sud (Tranorna flyger söderut, 2024), trad. du suédois Catherine Renaud, La Peuplade, 2026

La Bruyère blanche

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« Une jeune femme suivait d’un pas rapide et décidé le chemin qui courait entre deux champs. » Suède, dans une région non localisée, vers Älvdalen peut-être ou bien dans le Bergslagen, début du XXe siècle. Karin Blom, la nouvelle institutrice, arrive au village, prête à s’installer dans « la petite école humide ». Celle qui l’a précédée à ce poste, Ingrid Medin, ne peut plus travailler : bien qu’encore jeune, elle est devenue un « être inutile » après avoir perdu l’usage de ses membres à cause de l’insalubrité de cette école dans laquelle elle exerçait et que la municipalité a laissé en l’état. Une foultitude d’autres personnages apparaissent dans ce roman de Mathilda Roos (née en 1852 à Stockholm dans un milieu relativement aisé et décédée en 1908), La Bruyère blanche : dont la riche Estrid Henningson, qui clame son désir de vivre comme une femme libre, ou Gösta Scheffer, le nouveau précepteur, qui se sent complètement désemparé devant elle et son « attitude supérieure », lui conservateur et elle, quasiment révolutionnaire, tout au moins en paroles. Ne s’intéresse-t-elle pas au néomalthusianisme ? « Tout ce que je peux dire, c’est que ce n’est pas un sujet pour une jeune fille de dix-sept ans », ne trouve-t-il qu’à lui rétorquer. La prude Karin Blom, « maîtresse de l’école enfantine de la paroisse », fait tourner la tête à Gösta. Tout ce petit monde s’enivre de relations tolérées ou interdites, dans une Suède bien rigoureuse, qui s’étripe au nom de Dieu. Les progrès sociétaux se profilent mais attendront encore quelques années pour commencer à être mis en œuvre. Personnage central, Gertrud Björk se démène pour l’instruction de ses élèves et prône l’abstinence en matière d’alcool, ce qui lui vaut bien des inimitiés. Quant à l’école obligatoire, elle ne fait pas que des heureux. « L’école, ce monstre, cette institution tyrannique qui, dans des desseins aussi mystérieux qu’égoïstes, absorbait les forces vitales des enfants et les empêchait d’apporter à leurs parents une aide qui leur revenait de droit. » Voici ce qu’entend Hanna Myhre, institutrice elle aussi et naguère amie du président du Conseil scolaire, quand elle insiste pour que les enfants ne manquent pas la classe. Elle ne désespère pourtant pas et le mépris et les insultes dont les enseignantes sont victimes de la part de leurs concitoyens renforcent leurs convictions. : « Oh, comme j’aimerais être un homme – ou une femme qui aurait le talent de parler, ou celui d’écrire (...). Quand nous embrassons ce métier, nous sommes jeunes, en bonne santé, pleines de force, nous regardons la vie avec espoir et nous croyons en l’humanité. Et au final que reste-t-il ? » Et Hanna d’égrener les malheurs qui attendent les enseignantes, entre la maladie, le viol, la misère, la mort... ! La Bruyère blanche est un roman qui conduit le lecteur dans un autre monde : la Suède des années 1900 n’a pas grand-chose à voir avec celle d’aujourd’hui. Cf. par exemple l’enterrement d’August, un jeune homme d’une famille pauvre, qui se blesse alors qu’il est ivre et décède faute d’avoir consulté un médecin. Il y a dans ce livre nombre de pages émouvantes. Dommage peut-être qu’il y ait aussi de longues, trop longues descriptions de la nature en début de chapitre ou parfois en cours d’intrigue ; de manière systématique Mathilda Roos nous offre une ou deux pages de contemplation avant de reprendre son récit. Bien qu’appartenant à ce que le critique danois Georg Brandès nomma la « percée moderne » (qui rassemble la plupart des grands noms de la littérature scandinave d’alors), ce roman est daté, plus que d’autres publiés à la même époque, mais en même temps, grâce sans doute au travail d’orfèvre du traducteur et à ses nombreuses annotations, sa lecture est fluide, ses personnages prennent place avec force dans le paysage suédois. Mathilda Roos apparaît comme une écrivaine sensible aux questions féministes qui affluent et qui révolutionneront le pays. Sa vie durant célibataire, elle vécut avec Anna, sa sœur, et une autre femme, Laura Fitinghoff, avec laquelle elle ouvrit un foyer pour femmes. La Bruyère blanche, qui est son avant-dernier roman, encense l’action des institutrices que les autorités méprisaient souvent. Entendue par le monde politique, sa harangue sur le métier de pédagogue permit à celui-ci d’être mieux considéré. « Ah, si les petites maisons d’école pouvaient parler, raconter leurs affreuses histoires de pauvreté, de solitude et d’épouvante, mais ce serait comme un immense appel à l’aide qui s’élèverait dans tout le pays, un cri qui réveillerait ceux qui dorment en toute tranquillité et ferment les yeux sur une question pourtant capitale ! » Son recours un peu trop systématique à Dieu peut excéder les bouffeurs de ratichons, mais il lui permet malgré tout de faire entendre une voix émancipatrice. En Suède comme ailleurs, la « tempérance » ou l’« abstinence » était une nécessité en ces temps de ravages causés par l’alcool. En France, à la même époque, des militants ouvriers prônèrent aussi, non pas la prohibition comme aux États-Unis, mais le refus des travailleurs de sombrer dans l’alcoolisme, véritable fléau, au profit de l’engagement syndical ou politique. (À ce sujet, on lira avec intérêt Sobres pour la révolution, de Mathieu Léonard, Nada, 2026.) L’émancipation se ferait par les livres, par le savoir ; c’est en conservant toute sa raison et non en titubant que le peuple serait en mesure de combattre ses oppresseurs. Lieu de repos et de rencontres, certes, les tavernes devaient cesser de détruire psychologiquement et physiologiquement leur clientèle. Qu’il se fasse au nom du bon Dieu, ou non, ce combat était nécessaire et Mathilda Roos le montre au long de ce copieux et beau roman.

* Mathilda Roos, La Bruyère blanche (Hvit ljung, 1907), trad. du suédois Vincent Dulac, Cupidus Legendi, 2026

En attendant Monsieur Bellivier

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Deux personnages principaux dans ce roman de Britta Röslund, En attendant Monsieur Bellivier : l’épicier « arabe » Mancebo, qui, installé en plein Paris, boulevard des Batignolles, se voit confier une enquête par une inconnue, surveiller un mari peut-être volage ; et Helena Folasadu, qui se retrouve dans un bureau du quartier de la Défense sans savoir ce que l’on attend d’elle, sinon transmettre des e-mails à un certain Monsieur Bellivier, qu’elle ne rencontre jamais. L’inquiétude ne manque pas de la gagner car des attentats marquent la période – se servirait-on d’elle pour en commettre un à Paris ? Les deux intrigues évoluent en parallèle et ont en commun que leurs deux protagonistes ignorent ce que l’on attend d’eux exactement. « Pour la première fois, Mancebo se perçoit lui-même comme un rouage dans un engrenage. À vrai dire, il ne se souvient même plus de ce qu’il faisait avant d’être chargé de cette mission. » Le décor, ce Paris parano des attentats, est bien restitué (les deux romans sont très différents l’un de l’autre, mais il n’est pas interdit de songer, à la lecture de celui-ci, à celui de Björn Larsson, Le Mauvais œil). Journaliste indépendante chargée de couvrir les actualités de l’Hexagone pour des médias suédois, Britta Röstlund vit depuis quinze ans dans la capitale française. Elle livre là un roman (le titre suédois est : Au pied de Montmartre) aussi surprenant qu’agréable à lire et qu’un auteur de polars donnerait comme le premier tome d’une série. « En réalité, nous sommes tous les employés de Monsieur Bellivier. »

 

* Britta Röstlund, En attendant Monsieur Bellivier (Vid foten av Montmartre, 2016), trad. Esther Sermage & Isabelle Piette, JC Lattès, 2018