C’est une famille norvégienne tout ce qu’il y a de plus classique, ou presque, qui décide, de nos jours, de partir en vacances en Italie. Liv, la narratrice au début du récit, et Olaf, son époux, leurs deux enfants Agnar, adolescent, et Hedda, la cadette, plus Ellen, la sœur de Liv, et Simen, son compagnon, et enfin Håkon, le petit frère longtemps sur-protégé car né avec un problème au cœur. Sans oublier Sverre, « papa », « les cheveux gris et épais », et Torill, « maman ». « Je ne crois pas m’être demandé une seule fois si vous étiez heureux quand vous étiez petits (…), mais vous vous en êtes quand même sortis », lance cette dernière sans mesurer la portée de ses paroles. Tous sont ravis de passer quelques jours dans la propriété que le frère de Olaf met à leur disposition. Mais comment les enfants et petits-enfants s’attendraient-ils à ce que leurs parents/grands-parents s’apprêtent à leur annoncer ? Ils vont divorcer. « Sérieusement, vous avez soixante-dix ans ! » leur réplique Ellen lorsqu’elle apprend la nouvelle. Puis ils rentrent en Norvège et la vie continue. Mais plus tout à fait comme avant. « ...Un voile de mensonge est jeté sur tous les souvenirs, les expériences et les points de vue de la sphère familiale, puisque maman et papa peuvent apparemment se dégager de quarante ans de mariage d’un simple claquement de doigts, abandonner aussi facilement l’union qui nous a créés », regrette Ellen. Håkon, lui le partisan de l’amour libre, voit les choses autrement : la vie de couple est foncièrement contre-nature, estime-t-il, et ne saurait se prolonger bien longtemps. Helga Flatland (née en 1984 à Oslo) a déjà signé plusieurs romans. Celui-ci, Une Famille moderne, est le premier traduit en français. S’il n’est pas désagréable à lire, s’inscrivant après plusieurs titres en provenance des Pays nordiques, ces derniers temps, dans la même veine (par exemple La Vie est pleine d’hippopotames, de Annette Bjergfeldt, La Vérité sur la lumière, de Auður Ava Ólafsdóttir, Les Survivants de Alex Schulman, etc.), on se lasse assez vite des pensées bien banales des uns et des autres. Une Famille trop ordinaire ?
* Helga Flatland, Une Famille moderne (En Moderne familie, 2017), trad. Dominique Kristenen, L’Aube, 2022