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Sans toucher terre

Sans toucher terre

Aaro vient de s’inscrire à la fac, à Jyväskylä, deuxième plus grande ville universitaire de Finlande (140 000 habitants). Mâle peu dominant, ses camarades le harcelaient au collège, il espère que sa vie sera maintenant plus paisible. Mais il a la constante impression que tout le monde le regarde, il se sent différent des autres. Peut-être ne l’est-il pas, lui qui ne peut prononcer dix mots sans citer le nom d’une marque, un parfum ou un vêtement ou même un savon, et dont les goûts sont à peu près à l’unisson de ceux de sa génération. Aaro a des problèmes d’érection, il n’a pas l’impression d’être un vrai garçon, pas non plus une fille. Il cogite sur sa coiffure, son teint, son allure vestimentaire. « Les gens me regardent. Je n’arrête pas de me passer la main dans les cheveux. » Il est le centre du monde. En bref, il se cherche, chose assez fréquente à son âge. Une phrase de Karl Ove Knausgaard est en exergue de ce récit, Sans toucher terre. C’est effectivement du même niveau, nombriliste au possible, une littérature pour ados dans une collection pour adultes. (Comment dire du mal d’un livre qui traite du harcèlement sans passer pour un sans-cœur ?) Assez intéressante pour que Antti Rönkä (né en 1996) y consacre deux cents trente pages ? Pas évident.

* Antti Rönkä, Sans toucher terre (Jalat ilmassa, 2019), trad. Sébastien Cagnoli, Rivages, 2021

 

Tout commence par la baleine

Tout commence par la baleine

C’est un beau et riche roman que signe Cristina Sandu avec Tout commence par la baleine. La narratrice est une femme prénommée Alba. Mihai, son père, est né en Roumanie. Enseignant et philosophe, il a épousé Eeva, une Finlandaise qui travaille dans un musée. La famille s’est installée à Helsinki. Quand meurt le grand-père paternel, surnommé Le Loup sans que personne ne sache plus pourquoi, Alba se remémore ses étés passés, à partir des années 1950, dans un petit village roumain près de la frontière serbe. « À l’arrivée de la Dacia tant attendue, les voisins étaient au spectacle. L’un agitait la main, l’autre s’exclamait après les toussotements du moteur. La nuit tombait en un instant, pareille à une cape magique. Nous étions arrivés. » Et là, se révèle un autre monde, où règne un communisme autoritaire abject – au nom de principes de générosité, d’égalité. Loup, qui a construit de ses mains et en une nuit, selon la légende familiale, la maison dans laquelle Flavia, les enfants et lui vivront, est milicien. « Pendant les élections, on enjoint au camarade Loup de se cacher dans un grenier dont le plancher disjoint donne vue sur l’isoloir. Ceux qui ont mal voté sont emprisonnés peu après. » L’un de ses voisins, dont il donne l’adresse aux forces de la Securitate, est arrêté pour homosexualité. En 1989, la chute du dictateur Ceau?escu transforme les structures économiques mais n’améliore guère la vie quotidienne des habitants, grugés par des politiciens pour certains déjà en place avant la pseudo-révolution. Le frère de Mihai gagne au Loto et s’installe avec sa femme aux États-Unis. Si tous deux apprécient le luxe et le clinquant, ils sont pourtant nostalgiques de leur Roumanie natale : « ...Le village se modernise, ses habitants n’apprennent rien. Ils se gâtent les dents au Pepsi, le foie à la bière et les poumons au tabac, leurs sourires sont édentés, leur peau, sans protection contre les rayons du soleil, est ridée, ils insultent et médisent, et le seul qu’ils croient est le curé qui leur vole le peu d’argent qu’ils ont, mais leur promet le ciel. » Alba, elle, s’éprend d’Albert, un Roumain qui préférera rester au pays plutôt que d’émigrer en Finlande. Un beau roman, sans conteste, avec des personnages bien différents les uns des autres, une page d’histoire récente dans un pays ancré dans ses traditions, une réflexion sur l’attachement au sol natal, sur l’émigration...

* Cristina Sandu, Tout commence par la baleine (Valas nimeltä goliat, 2017), trad. Claire Saint-Germain, Robert Laffont, 2020

 

Comment naît l’amour

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Il existait, en traduction française, deux livres de Raija Siekkinen (1953-2004) : L’Été dernier (L’Esprit ouvert, 1997) et Une Fissure dans le paysage (L’Esprit ouvert, 1998). Ce recueil de nouvelles publié aujourd’hui par Le Castor astral permettra de redécouvrir l’œuvre d’une auteure singulière des lettres finlandaises. Les dix nouvelles qui composent Comment naît l’amour partent toutes d’une anecdote de la vie quotidienne située sur un marché, dans la rue, dans un aéroport, sur une plage... Des nouvelles écrites par une femme, qui plus est finlandaise, qui mettent en scène des femmes au travers de leur vie de tous les jours... : difficile de ne pas évoquer Tove Jansson. Mais, d’une part, Raja Siekkinen écrit en finnois et non en suédois, et, d’autre part, elle tient son originalité dans le fait que ses nouvelles à elle sont peut-être plus ancrées dans le concret d’individus banals : « Je croyais au temps. Je pensais qu’il me menait dans une spirale continue, toujours plus loin de l’endroit dont je voulais m’éloigner, s’approchant parfois, s’éloignant sans cesse. Et puis une fleur fanée ou une mouche de l’année précédente trouvée en faisant le ménage me ramenaient brusquement en arrière, l’espace d’un instant, à travers tout ce long voyage. » Remarquons que la nouvelle qui donne son titre au recueil, Comment naît l’amour ( : « c’est un mystère ») est étrangement dépourvue de point d’interrogation. Un petit ouvrage à siroter, histoire d’un moment mettre ses pas dans ceux des personnages.

* Raija Siekkinen, Comment naît l’amour (Kuinka rakkaus syntyy, 1991), trad. Pierre-Alain Gendre, Le Castor astral (Galaxie), 2021

 

Avec joie & docilité

Après Jamais avant le coucher du soleil ou Le Sang des fleurs, c’est une nouvelle fois un roman que l’on peut qualifier d’anticipation que nous propose Johanna Sinisalo (née en 1958) avec Joie & docilité. « Vanna, je vais te demander quelque chose. Je ne veux pas que tu dises aux messieurs que tu sais lire et compter. Quand ils seront là, je veux que tu joues sagement à la ménagère avec Manna, que tu souris et que tu sois très gentille et aimable. Imite ta sœur en tout. » Pourquoi ces recommandations d’une grand-mère à l’une de ses petites-filles ? Parce que dans la République eusistocratique (« État providence, état de bien-être ») de Finlande de 2013 (nous sommes ici dans le domaine de l’uchronie, l’action de ce roman, qui bifurque d’avec la réalité, démarre en fait avant la Deuxième Guerre mondiale), la plupart des femmes appartiennent à l’espèce des éloïs. Les récalcitrantes, appelées morlocks, qui se veulent les égales des hommes, les « virilos », sont peu nombreuses. Mais il s’en trouve encore au moins une, Vanna/Vera, la narratrice de ce roman. Et Vanna/Vera est mal à l’aise face à ce gouvernement qui entend veiller au bien-être de chacun en attribuant des rôles, et notamment ceux relevant du genre, très précisément définis. « Dans ce carnaval de paons et de poupées, dans ce musée des horreurs, il s’est produit exactement ce qui n’aurait pas dû. Je me suis détachée du lot. » Toutes les sensations quelque peu fortes sont proscrites, aussi ne trouve-t-on plus de tabac, d’alcool ni de drogues. Sauf le vénérable piment, que l’État peine encore à repérer, qui est à présent vendu sous le manteau, sous forme de paillettes, nouvelle substance hallucinogène dont Vanna est dépendante. Il y a plusieurs possibilités de lire ce roman, Avec joie & docilité. La question du « dressage » des « fémines » – ou des femmes – voulue par un État eugéniste pratiquant une dictature sans violence ostensible appelle à réfléchir sur la place des uns et des autres (et pas seulement des femmes) dans un monde déshumanisé pour des raisons a priori recevables. Un monde qui ressemble par ailleurs beaucoup au nôtre (la conduite des « élois » et des « virilos », avec la femme-princesse et l’homme-coq, n’est même pas une caricature de ce que l’on peut observer tous les jours autour de nous). « …Une vie heureuse et équilibrée exige par nature différentes sources de bien-être (…) : l’exercice physique, une activité sexuelle régulière et satisfaisante, un rôle de chef de famille gratifiant et – pour le sexe faible – les joies de la maternité. » Un roman à lire avant ou après Le Syndrome du bien-être de Carl Cederström et André Spicer, car prolongeant la réflexion, sous forme de fiction, sur le même sujet : qu’est-ce que le bonheur et, en l’occurrence, à l’échelle d’un État ou d’une société ? À quel prix se paie-t-il ? À quel moment peut-il y avoir tromperie sur le mot ?

 

* Johanna Sinisalo, Avec joie & docilité (Auringon ydin, 2013), trad. Anne Colin du Terrail, Actes sud, 2016

Le Reich de la Lune

« Pour ceux qui ont vu le jour sur la Lune après la guerre, l’ancienne Terre est un conte de fées. » Avec Le Reich de la Lune, Johanna Sinisalo reste dans la veine qui la caractérise, celle de l’anticipation et de l’uchronie, mâtinée de questions sociales et d’actualité. Rebondissant sur l’idée centrale du film Iron sky (film de Timo Vuorensola, 2012, dont Johanna Sinisalo a écrit le scénario : les nazis se sont réfugiés sur la Lune après la Deuxième Guerre mondiale), l’écrivaine envisage leur retour sur Terre. Mais au fil des années bien des choses ont changé et aujourd’hui, la révolution numérique donne au monde un visage qu’ils ne pouvaient pas imaginer. Quand Renate Richter suit son mari, le SS Klaus Adler, lors de son voyage à destination de la Terre, avec James Washington, noir « aryanisé » pour les guider et arrivé sur la Lune suite à une expédition qui a mal tourné, la surprise est totale. Tout intrigue cette jeune femme, inspirée par l’idéologie nazie toujours prônée dans l’immense bunker sur la Lune. « ...Nous avions une mission à accomplir sur la Terre. Nous voulions balayer de notre chemin les forces malfaisantes qui s’opposaient à nous, détruire toute pensée fausse et nous battre pour les seuls vrais idéaux, les nôtres. » Ceux du national-socialisme. Autrement dit, « ramener la Terre entière à une vision de la société simple, claire, juste et digne, garante de richesse et de bonheur »... ! Parce que l’idéal nazi est « le plus juste, le plus pur, le plus sage, le plus harmonieux et le plus pacifique du monde » et que personne de censé ne saurait y résister ! Mais l’une après l’autre les illusions de Renate sombrent et elle s’aperçoit qu’elle a été leurrée depuis sa naissance. Elle comprend que la guerre que les habitants de la Lune et ceux de la Terre s’apprêtent à mener va encore frapper des individus qui pourraient vivre en harmonie. « L’histoire peut se répéter, car elle n’a jamais été écrite avec la raison, mais avec les sentiments. Mais il ne peut quand même pas être dit que chaque génération doit avoir son Hitler ? » Espérons que non. Comme dans ses précédents ouvrages, avec Le Reich de la Lune Johanna Sinisalo nous semble partir d’une idée intéressante, sans parvenir à nous convaincre totalement. Peut-être parce que les nazis sont ici plus ridicules que méchants...

 

* Johanna Sinisalo, Le Reich de la Lune (Iron sky – Renaten tarina, 2018), trad. Anne Colin du Terrail, Actes sud, 2018

Mon chat Yugoslavia

Deux récits alternent dans Mon chat Yugoslavia de Pajtim Statovci (né en 1990) : celui de Eminè, jeune fille albanaise dans la Yougoslavie des années 1980 (dans cette campagne qui deviendra le Kosovar), qui se retrouve mariée à un garçon qu’elle ne connaît quasiment pas, et celui de son fils, Bekim, étudiant à Helsinki, aujourd’hui. Eminè est d’abord terrifiée. « …Je compris que j’allais passer toute ma vie avec lui, et l’idée me défonça les côtes comme un engin de démolition la façade d’un bâtiment. » Mais en dépit des coups qu’elle reçoit dans l’automobile, en route pour les noces, elle épouse ce sale type, Bajram, qui lui fait cinq enfants et, quand la situation politique dégénère, elle le suit jusqu’en Finlande. Le cadet, Bekim, grandit à Helsinki. Force lui est de couper les ponts, d’une certaine manière, avec son père : « J’appris à parler et à lire dans une langue qu’il ne comprenait pas. Au milieu de gens dont il haïssait la culture. À raisonner à propos de choses dont il n’avait pas la moindre idée. À l’exclure, lui et tout ce qui se rapportait à lui et à sa vie… » Et Bekim d’essayer d’affirmer son homosexualité et de nous conter ici sa liaison avec « le chat », un individu égocentrique et désagréable. D’autres chats jouent par ailleurs leur rôle, celui que voit sa mère avant son mariage, comme s’il la prévenait des malheurs à venir, et celui que Bekim recueille, quand il retourne à Pristina. (Notons tout de même que la façon dont il s’en occupe, en le lavant à l’eau, dans une baignoire, est difficile à croire : tentez donc d’asperger d’eau un chat, vous verrez ! Mais il est vrai que les chats, ici, tout comme les serpents, sont très humanisés…) Pajtim Statovci aurait peut-être été plus inspiré d’écrire deux romans, nous semble-t-il, tant les deux vies, celle de Eminè et celle de Bekim, diffèrent, bien que la mère et le fils soient capables d’accepter l’inacceptable (un mari violent et un amant mesquin) et tant, surtout, les narrations (l’une réaliste, et l’autre, presque fantastique) s’opposent. Avant, dans le troisième tiers de l’ouvrage, de se rejoindre, sans, pourtant, vraiment convaincre le lecteur.

 

* Pajtim Statovci, Mon chat Yugoslavia (Kissani Jugoslavia, 2014), trad. Claire Saint-Germain, Denoël (& d’ailleurs), 2016

La Traversée

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De Pajtim Statovci (né en 1990 au Kosovo et aujourd’hui professeur de littérature comparée à l’université de Helsinki), les lecteurs se souviennent peut-être de Mon chat Yugoslavia, un roman qui relatait l’installation en Finlande d’une jeune femme originaire du Kosovo, puis le parcours de son fils, homosexuel. Dans La Traversée, les thèmes ne sont pas singulièrement différents, mais traités autrement. L’identité, notamment sexuelle mais pas seulement (mieux vaut-il se dire Albanais, Italien ou Turc ?), est la question récurrente. « Je suis un homme qui ne peut être une femme mais qui, s’il le désire, peut avoir l’air d’une femme ; c’est ce que j’ai de meilleur, un jeu de masques que je peux initier et stopper à ma guise. » Alors que l’Albanie connaît des soubresauts après la mort de son dictateur Enver Hoxha (en 1985) et que la vie devient impossible, Bujar et Agim, deux adolescents, décident d’émigrer. « ...J’avais l’impression que plus personne ne voulait se trouver en Albanie. » La misère sévit, les mentalités sont d’un autre âge, vols, méfiance, tromperies font partie du quotidien de tout un chacun. Ils quittent leur domicile de Tirana, vivent des mois dans la rue, de petit boulot en petit boulot, avant de pouvoir acheter un canot et d’envisager de traverser l’Adriatique en direction de l’Italie. Le titre de ce livre évoque ce voyage. Il évoque aussi l’incertitude sexuelle des deux garçons : préfèrent-ils les hommes ? les femmes ? sont-ils « pédés » ? Et le narrateur, qui est-il vraiment ? Parvenu en Italie, puis en Allemagne, aux États-Unis et finalement en Finlande, Bujar est d’abord déconcerté par ce pays, avant de « comprendre quelque chose d’essentiel (…) : les gens ne sont pas malpolis, ils sont solitaires, ils aiment pouvoir rester tranquilles dans leur coin et n’ont pas besoin de s’entourer de superflu, du luxe des gratte-ciel ou du lustre de sculptures ornementales ». Là, à la limite de la transsexualité, il peut espérer vivre à sa guise. Un bon livre, troublant, à l’intrigue savamment menée.

* Pajtim Statovci, La Traversée (Tiranan sydän, 2016), trad. Claire Saint-Germain, Buchet-Chastel, 2021

 

La Guerre d’hiver

Peut-être faudrait-il que ses personnages soient moins pitoyables, pour que le roman de Philip Teir, La Guerre d’hiver, soit un livre attachant. Car si l’on peut se laisser prendre par l’intrigue (un sociologue connu est interviewé par l’une de ses anciennes étudiantes, ce qui va bouleverser sa vie), si l’on peut suivre sans rechigner tel ou tel personnage dans les méandres de sa vie quotidienne, on ne voit guère où l’auteur veut en venir. Il y a pourtant de l’humour (ah, ce coït interrompu par un hamster ! ah, ces hommes tous plus lamentables les uns que les autres !), mais ce roman manque de piquant et sa lecture n’est pas loin de lasser. « Quelles conséquences ? Où cela le mènerait-il ? Il essayait d’empêcher ses pensées de divaguer trop loin, ça ramollissait son cerveau (…) : il finit par effacer toute autre pensée, à l’exception de son image, son apparence, sa silhouette devant lui, ses seins, ses fesses, ses merveilleuses fesses, et c’est avec cette image en tête – ses fesses à présents nues – qu’il chemina à travers la nuit d’Helsinki… »

* Philip Teir, La Guerre d’hiver (Vinterkriget, 2013), trad. du suédois Rémi Cassaigne, Albin Michel, 2015

Le Héros oublié

Les admirateurs, à notre image, de la Grande muette, ceux qui lui souhaitent de se taire enfin et pour toujours, liront, à ses dépens, Le Héros oublié du Finlandais d’expression suédoise Henrik Tikkanen (1924-1984). Un court roman qui relate la guerre d’un pauvre soldat finlandais contre l’Union soviétique. Sa guerre, plutôt, car celle-ci a pris fin une trentaine d’années plus tôt mais il l’ignore, perdu qu’il est, depuis, dans les forêts de la Carélie du Nord. « Le militarisme est l’art de faire régner la discipline. Sans discipline, il n’est pas possible de faire la guerre. La base de la guerre, ce sont les ordres. Les ordres sont faits pour être obéis et ne peuvent être discutés. » Et si notre vertueux soldat ne reçoit pas d’ordre lui signifiant que la guerre est terminée, c’est qu’elle continue. On ne saurait pas l’accuser de désertion de poste !

Dans la même veine mais en dehors de la littérature nordique, mentionnons Le Brave soldat Chvéïk du Tchèque Jaroslav Hašek ou Les Aventures singulières du soldat Ivan Tchonkine du Russe Vladimir Voïnovitch.

 

* Henrik Tikkanen, Le Héros oublié (30 åriga kriget, 1977), trad. du suédois Philippe Bouquet, Gaïa, 2002