D-E-F

Au bord de la Sandà

Quelque part en Islande, le narrateur s’installe dans deux caravanes ; l’une pour y vivre et l’autre, pour exercer son art, dans un camping en bordure de la Sandá, la « rivière de sable ». Il passe ses journées à peindre des arbres. Il avait autrefois d’autres sujets d’inspiration, mais aujourd’hui ce sont les diverses essences présentes sur l’île qu’il fixe sur ses toiles. « Je suis terriblement inhibé face aux gens que je ne connais pas », dit-il, et cette vie en solitaire n’est pas pour lui déplaire, lui qui cite en exergue H. D. Thoreau. Car l’aventure, aujourd’hui, n’est plus à l’autre bout du monde mais peut-être à proximité de chez soi. « Nul ne s’intéresse vraisemblablement à un homme qui peint des tableaux et vit seul dans deux caravanes plus ou moins délabrées, qui ne grille jamais de brochettes et ne reçoit pratiquement jamais de visiteurs de la ville... » Au bord de la Sandá, de Gyrðir Elíasson (né en 1961), est un récit tout simple et néanmoins prenant. S’il ne se passe quasiment rien, tant ce célibataire père de deux enfants adultes est concentré sur sa peinture, l’envie de tourner les pages anime le lecteur, ravi d’accompagner le narrateur dans un retour aux sources salutaire.

 

* Gyrðir Elíasson, Au bord de la Sandà (Sandàrbókin, 2007), trad. Catherine Eyjólfsson, La Peuplade (Roman), 2019

×