Gummi et Kiddi, deux vieux frères barbus, sont voisins mais ne se parlent plus depuis quarante ans. Un jour, ils se retrouvent obligés de défendre leur intérêt commun. Autrement dit, leurs moutons, parce qu’un cas de tremblante a été décelé dans la vallée et que les services vétérinaires ont décrété l’abattage des troupeaux et l’interdiction d’élever des ovins pendant une période de deux ans. Les films tournés en Islande ont pour point commun, quasiment tous, de montrer aux spectateurs des paysages magnifiques. Celui-ci, Béliers, du réalisateur Grímur Hákonarson (né en 1977), ne fait pas exception à cette régle. Mais ajoutons que les visages sont également filmés comme autant d’œuvres d’art (cf., notamment, le court-métrage qui accompagne le film sur le DVD) : ôde à la fraternité, à l’homosexualité, au langage des corps... Béliers est un film qui peut surprendre, tant par son sujet (deux frères et des béliers : qui ressemble à qui ?) que par son traitement. Une réussite, avec une scène finale étonnante.
* Grímur Hákonarson, Béliers (Rams, 2015), ARP, 2016