+ Adjö, Henning Mankell !
Il avait annoncé sa maladie et promis de tenir ses lecteurs au courant de sa progression ou de son recul (cf. son dernier livre publié, Sable mouvant, fragments d’une vie). Mais le cancer a été très rapide. Né le 3 février 1948 à Stockholm, Henning Mankell est décédé le 5 octobre 2015 à Göteborg. Le père de la série policière centrée sur le personnage de Kurt Wallander, par ailleurs dramaturge et auteur pour la jeunesse, qui a signé d’excellents romans qui n’appartiennent pas au genre policier (L’œil du léopard, Profondeurs, Les Chaussures italiennes), était sans doute l’écrivain suédois contemporain le plus fécond et le plus célèbre. Engagé, humaniste, amoureux du continent africain, il était aussi une conscience : quelqu’un avec qui il est possible de ne pas être d’accord mais qui oblige à la réflexion. Le Prix Nobel de littérature aurait pu le récompenser – Henning Mankell en avait la stature. (Certes, il était considéré avant tout comme un auteur de romans policiers mais pourquoi persister à mépriser un genre qui n’appartient plus depuis longtemps à ce que l’on appelle la « littérature de gare » ? Le nom d’Ursula Le Guin, auteur américaine de science-fiction, autre genre déconsidéré, figure bien dans les nobélisables.) L’un des tout premiers romans de Mankell, Daisy Sisters, est aussi, à ce jour, le dernier publié en France. Un beau voyage dans la Suède des années 1940 à 1990, mais surtout des années 1950, dont l’écrivain était resté à jamais nostalgique (plusieurs de ses ouvrages pour la jeunesse mettent en scène un enfant qui lui ressemble, dans la région de Sveg, à cette époque). Un grand bonhomme est parti…
Notons, parmi d’autres hommages, que le quotidien Libération lui a consacré sa couverture (« Étoile polar ») et quatre pages intérieures dans son édition du 6/10/2015.